Qu’est-ce que le polystyrène (PS) ?
Le polystyrène (PS) est un polymère obtenu par polymérisation radicalaire du monomère styrène ; c’est un thermoplastique incolore et transparent.
Dans le système de codification des résines plastiques, le PS porte le numéro 6 (le chiffre inscrit dans un triangle de flèches). Ce code doit être clairement marqué sous le produit en plastique ou sur son emballage afin de faciliter le tri par les consommateurs et les recycleurs.

01Notions de base sur le polystyrène (PS)
Propriétés physiques
Le PS se présente sous forme de granulés incolores et transparents. Il brûle en dégageant une fumée épaisse à l’odeur de térébenthine et, lorsqu’on souffle la flamme, il forme de longs filaments. Les pièces en PS sont rigides et vitreuses et rendent un son métallique lorsqu’on les fait tomber ou qu’on les frappe. Elles sont cassantes plutôt que souples, et la surface de rupture présente un éclat nacré et argenté. Le PS a un taux d’absorption d’eau de 0,05 %, légèrement supérieur à celui du PE, mais cela n’a qu’une incidence minime sur la résistance et la stabilité dimensionnelle des pièces.
Propriétés optiques
Son excellente transparence est l’une des caractéristiques les plus marquantes du PS, avec une transmission lumineuse de 88–92 %. Avec le PC et le PMMA, le PS fait partie des trois grands plastiques transparents du marché.
Propriétés mécaniques
Le PS est dur et cassant, sans ductilité : en traction, il se rompt au voisinage du seuil d’écoulement. Parmi les thermoplastiques de grande diffusion, c’est celui qui présente les plus hautes résistances à la traction et à la flexion, avec une résistance à la traction pouvant atteindre 60 MPa. Sa résistance au choc est en revanche très faible, ce qui l’exclut des plastiques techniques. Le PS résiste mal à l’usure et moyennement au fluage. Ses propriétés mécaniques dépendent fortement de la température.
Propriétés thermiques
Le PS résiste mal à la chaleur : sa température de fléchissement sous charge n’est que de 70–90 °C, ce qui limite son utilisation prolongée à des températures de 60–80 °C. Il se comporte également mal à basse température, avec un point de fragilité de −30 °C.
Propriétés électriques
Le PS offre une excellente isolation électrique, insensible à la température et à l’humidité. Son facteur de pertes diélectriques est faible, il supporte un effet couronne modéré et présente une bonne résistance à l’arc, ce qui en fait un matériau adapté à l’isolation haute fréquence.
Résistance chimique
Le PS a une bonne stabilité chimique : il résiste aux acides faibles, aux bases, aux sels, aux huiles minérales et aux alcools inférieurs. Il est cependant attaqué par de nombreux hydrocarbures, cétones et acides gras supérieurs, et se dissout dans les solvants aromatiques. Sa tenue aux intempéries est médiocre, avec une faible résistance à la lumière et à l’oxydation, ce qui le rend inadapté à un usage prolongé en extérieur. Il présente en revanche une bonne résistance aux rayonnements.

02Types de polystyrène (PS)
Selon ses caractéristiques et ses applications, le polystyrène (PS) se classe principalement dans les types suivants :
Ces types de polystyrène diffèrent sensiblement par leurs performances et leurs applications, et répondent ainsi à des besoins d’utilisation variés.
03Applications du polystyrène (PS)
Les applications du PS sont très variées et se répartissent généralement dans les domaines suivants :
Produits médicaux et de laboratoire
Le PS cristal est clair, rigide et facile à mouler avec des tolérances serrées, ce qui en fait le matériau de référence du matériel de laboratoire à usage unique : boîtes de Petri, tubes à essai, flacons de culture, pipettes et microplaques de diagnostic. Ces produits sont livrés stériles. Le PS supporte la stérilisation par rayonnement gamma ou à l’oxyde d’éthylène, mais pas à la vapeur en autoclave, car il ramollit en dessous de 100 °C.
Les feuilles de PS choc sont thermoformées en plateaux et en blisters pour les dispositifs médicaux et l’emballage pharmaceutique, où elles apportent rigidité et résistance au choc à faible coût. Le PS étant attaqué par de nombreux solvants organiques et peu résistant à la chaleur, il n’est pas utilisé pour les équipements de génie chimique ni pour d’autres usages fortement corrosifs.
Industrie automobile
Dans l’industrie automobile, le PS sert principalement aux boîtiers de tableau de bord, aux cabochons de feux et aux composants d’éclairage. Le polystyrène peut aussi être expansé pour produire des matériaux d’emballage et d’isolation thermique, utilisés notamment dans les pavillons de toit. En outre, le PS est souvent modifié ou copolymérisé par greffage avec d’autres matériaux pour obtenir divers alliages plastiques de la famille du PS. Les copolymères styrène-anhydride maléique (SMA), par exemple, sont couramment utilisés pour fabriquer les armatures de tableau de bord.
Appareils électriques
Le PS associe une excellente transparence à de bonnes propriétés isolantes, ce qui le rend adapté aux composants et aux boîtiers de téléviseurs, de magnétophones et de divers appareils électriques, ainsi qu’aux condensateurs haute fréquence.
Produits transparents
Grâce à son excellente transparence, le PS est idéal pour les instruments d’optique courants, les maquettes transparentes, les globes et diffuseurs d’éclairage, les boîtiers d’instruments et les emballages.
Articles de la vie courante
Facile à colorer et très brillant, le PS est largement utilisé pour les articles de la vie courante : jouets pour enfants, panneaux décoratifs, boîtiers de cassettes, poignées de meubles, peignes, manches de brosses à dents, corps de stylos et articles de papeterie.
Matériaux d’emballage
Les mousses de PS offrent une excellente absorption des chocs et une bonne isolation thermique, ce qui les rend adaptées aux emballages antichocs et aux matériaux d’isolation. Les emballages servent surtout aux appareils électriques, aux instruments de précision, aux objets artisanaux, aux articles en verre et aux céramiques ; les matériaux d’isolation comprennent les panneaux de cloison et les panneaux sandwich de toiture.
04Production du polystyrène (PS)
Polymérisation en masse
Le styrène est polymérisé sous atmosphère de gaz inerte, à une température régulée de 60–90 °C, avec du peroxyde de benzoyle comme amorceur, ce qui donne une résine transparente en bloc. Cette résine se distingue par sa grande pureté, sa bonne transparence et sa brillance.
Polymérisation en émulsion
En présence d’un amorceur, une émulsion aqueuse de monomère styrène est polymérisée à 80–95 °C. Le polymère est ensuite séparé de la liqueur mère et transformé en résine en poudre. Le produit final présente une tenue à la chaleur légèrement meilleure que la résine polymérisée en masse, mais une isolation électrique et une transparence un peu inférieures.
05Modification du polystyrène (PS)
Le polystyrène présente certains défauts : fragilité, faible résistance à la fissuration sous contrainte environnementale et mauvaise compatibilité. Il faut donc souvent améliorer ses performances par modification lors de la production. Les principales méthodes sont la modification par compoundage, la modification par copolymérisation et la modification par nanoparticules inorganiques.
Modification par compoundage
Elle consiste à mélanger mécaniquement deux matériaux polymères ou plus avec des matières inorganiques et des additifs, afin d’obtenir un matériau plus homogène sur le plan mécanique et doté de meilleures propriétés thermiques et optiques.
Caractéristiques de la modification par compoundage :
La modification par compoundage demande peu d’investissement et un cycle de production court, ce qui en fait une voie essentielle de modification du PS. C’est non seulement une méthode importante de modification des polymères, mais aussi un moyen majeur de développer de nouveaux matériaux.
PS/PE
Le polyéthylène (PE) présente une excellente souplesse et une bonne résistance au choc, qui contribuent à améliorer la ténacité du PS. Le PS et le PE étant toutefois des polymères incompatibles, il faut ajouter un compatibilisant lors du compoundage.
Il existe deux méthodes de mélange PS/PE : le mélange réactif et le mélange non réactif.
Dans les études de mélange réactif, du PS réactif (RPS), du PE chloré (CPE), du PE et du PS sont introduits simultanément dans une extrudeuse bivis pour être mélangés à l’état fondu et extrudés, ce qui donne un mélange de PS modifié.
Augmenter la masse molaire du PE ne modifie pas la résistance à la traction du mélange, mais peut améliorer sa résistance au choc.
PS/PP
Le polypropylène (PP) est plus tenace que le PS et présente une meilleure tenue à la chaleur. Le mélange PP/PS permet donc d’améliorer les propriétés thermiques du PS.
Le PP et le PS étant incompatibles, un compatibilisant est nécessaire. L’utilisation de silice traitée en surface dans le système PS/PP renforce l’adhésion interfaciale entre les polymères et améliore la résistance à la traction de l’ensemble. L’association de PS réactif (RPS) et de polypropylène greffé anhydride maléique (MPP) assure également une bonne compatibilisation réactive des mélanges PS/PP.
PS/PC
Le polycarbonate (PC) offre d’excellentes propriétés, notamment une bonne résistance au fluage et une transmission de la lumière visible supérieure à 90 %. Son indice de réfraction est proche de celui du PS et il peut être mélangé au PS pour en améliorer la stabilité thermique, la résistance et la ténacité.
Dans les mélanges PS/PC partiellement compatibles, la contrainte interfaciale se répartit de façon homogène et continue sous l’effet des sollicitations extérieures, ce qui provoque la formation de craquelures et de bandes de cisaillement qui améliorent les propriétés mécaniques du mélange.
Modification par copolymérisation
La modification par copolymérisation est l’une des principales méthodes de modification du PS. En copolymérisant le monomère styrène avec un second monomère, on introduit des groupes flexibles qui préservent les excellentes propriétés d’origine du PS tout en améliorant sa ténacité et sa mise en œuvre. Les principales méthodes sont la copolymérisation avec des α-oléfines et la copolymérisation par greffage.
1. Copolymérisation avec des α-oléfines
Le PS est peu compatible avec les polyoléfines en mélange, mais leur copolymérisation permet d’obtenir des produits à la fois rigides et tenaces. Le second monomère est généralement une α-oléfine. La copolymérisation du styrène avec ce second monomère sur catalyseur métallocène conserve la rigidité du PS tout en augmentant sa souplesse.
2. Copolymérisation par greffage
Sur catalyseur métallocène, le styrène est copolymérisé avec un dérivé boré du styrène ; les groupes borés du produit sont ensuite oxydés en groupes hydroxyle, qui servent de sites de greffage.
Une série de copolymères greffés du PS a été synthétisée par polymérisation radicalaire par transfert d’atome (ATRP), ce qui permet la fonctionnalisation du polystyrène. La densité de greffage et la longueur des chaînes se règlent en ajustant le taux de bromation et la quantité de monomère ajoutée.
Grâce à des réactions de transfert de chaîne in situ, des copolymères greffés du PS porteurs de groupes polaires terminaux ont été synthétisés dans des conditions réactionnelles et avec des systèmes catalytiques appropriés, ce qui permet la fonctionnalisation du PS.
Modification par nanoparticules inorganiques
Les nanoparticules inorganiques présentent des effets de surface, des effets de volume et des effets quantiques de taille qui leur confèrent des propriétés très différentes de celles des poudres classiques et des matériaux massifs. En compoundant des nanomatériaux inorganiques avec le PS dans des conditions de procédé spécifiques, on peut fortement améliorer la résistance, la ténacité, la tenue à la chaleur et la résistance à l’usure du polymère. Les composites PS/nanoparticules inorganiques se préparent principalement selon les méthodes suivantes :
1. Mélange à l’état fondu
Des nanoparticules modifiées sont ajoutées à la résine fondue, puis le mélange est malaxé et mis en forme pour obtenir le composite. Les nanoparticules ayant tendance à s’agglomérer et se dispersant difficilement de façon homogène, leur traitement de surface avant mélange est essentiel.
Les composites PS/nanoparticules préparés par mélange mécanique présentent une nette amélioration de la résistance à la traction, de la résistance au choc sur éprouvette entaillée et des propriétés d’écoulement à chaud.
2. Mélange en solution
La résine de base est dissoute dans un solvant approprié, puis on y ajoute les nanoparticules. Après une agitation prolongée assurant une dispersion homogène, le solvant est éliminé pour obtenir le composite.
Des nanotubes de carbone multiparois (MWNT) traités par oxydation acide sont dispersés dans une solution de tétrahydrofurane, puis on ajoute le PS. Après 3 heures de traitement aux ultrasons, on obtient des composites conducteurs PS/MWNT. Cette méthode augmente le module de conservation et la conductivité du matériau.
3. Polymérisation in situ
Des nanoparticules traitées en surface sont ajoutées au monomère et mélangées de façon homogène. Dans des conditions appropriées, on amorce la polymérisation pour préparer des composites PS/nanoparticules.
Les nanocomposites PS/vermiculite préparés in situ présentent des températures de décomposition nettement plus élevées que le PS pur.
Bien que diverses méthodes de modification du PS aient été mises au point, les performances globales des produits modifiés et la compréhension des mécanismes de modification restent à améliorer. En effet, la résistance au choc, la tenue à la chaleur, la résistance chimique et l’aptitude à la mise en œuvre des produits modifiés doivent satisfaire à des exigences plus élevées pour élargir les applications des matériaux à base de PS modifié.
FAQ
Le polystyrène est-il recyclable ?
Oui, le polystyrène est recyclable, mais son recyclage pose certaines difficultés. Léger et volumineux, il entraîne des coûts de transport et de traitement relativement élevés. C’est particulièrement vrai pour le polystyrène expansé (PSE), dont le grand volume et la faible masse volumique compliquent encore le recyclage. Le PS recyclé peut servir à fabriquer de nouveaux produits en plastique ou être valorisé comme combustible.
Quel est l’impact environnemental du polystyrène ?
Le polystyrène se dégrade difficilement dans la nature et peut mettre des centaines d’années à se décomposer, ce qui pèse durablement sur les écosystèmes. Mal éliminés, les déchets de PS peuvent polluer les milieux marins comme terrestres. Le polystyrène expansé (PSE), en particulier, peut se fragmenter en microplastiques en se dégradant et menacer la faune.
Le polystyrène convient-il à l’emballage alimentaire ?
Le polystyrène standard est généralement considéré comme sûr au contact des aliments et il est couramment utilisé pour la vaisselle jetable et les récipients alimentaires. Le PS pouvant toutefois libérer des traces de monomère styrène à haute température, il est déconseillé de le passer au micro-ondes ou d’y conserver longtemps des aliments chauds.
Comment le polystyrène se compare-t-il à d’autres plastiques comme le PP et le PET ?
Par rapport aux autres plastiques, le PS se distingue par sa grande transparence et sa rigidité, mais il est plus cassant et résiste mal aux chocs. Le PP (polypropylène) offre une meilleure ténacité et une meilleure tenue à la chaleur, ce qui lui ouvre un champ d’applications plus large. Le PET (polyéthylène téréphtalate) est lui aussi très transparent, avec d’excellentes propriétés mécaniques ; il est couramment utilisé pour les bouteilles de boissons et l’emballage alimentaire.
Quelles précautions prendre lors de l’utilisation du polystyrène ?
- Évitez de chauffer au micro-ondes des récipients en PS, surtout lorsqu’ils contiennent des aliments gras.
- Pour le recyclage, triez les produits en PS et compactez-les autant que possible afin de réduire leur volume et de faciliter leur transport et leur traitement.
- Éliminez le polystyrène expansé (PSE) dans les filières appropriées afin qu’il ne se retrouve pas dans le milieu naturel.


